La paléonutrion

La grande idée de la paléonutrition est la suivante. Le paléolithiques s'est terminé il y a quelques 12 000 ans. En 12 000 ans, les Hommes n'ont pas subi d'évolution génétique significative. Si notre génétique définie la façon dont nous sommes « programmés » pour manger (entre autres choses), il serait bienvenu que nous nous inspirions de la façon de manger de nos ancêtres de cette époque.

Sur le plan alimentaire, la caractéristique principale du paléolithique vu d'aujourd'hui est qu'il se situe avant l'apparition de l'agriculture. Cela signifie que nos ancêtres d'il y a 12 000 vivaient de chasse, de pêche et de ceuillette.

Il ne s'agit bien sûr pas pour nous autres humains du XXIème siècle de tous abandonner nos professions et de consacrer désormais l'essentiel de nos journer à chasser, pêcher et cueillir. Il s'agit plutôt de favoriser dans notre alimentation les types d'aliments qui seraient disponibles pour un chasseur / cueilleur et d'en écarter ceux qui ne le seraient pas.

Concrètement, il s'agirait de favoriser les viandes (en mangeant quand cela est possible des viandes de gibier), les poissons, les légumes et les fruits au détriment des produits transformés industriellement, des produits céréaliers (notamment le pain, les pâtes et les pâtisseries), des produits laitiers ainsi que bien évidemment des sucreries.

Evidemment, ce concept théorique doit s'accommoder dans la pratique du fait que les nourritures disponibles aujourd'hui n'ont pas les exactes propriétés de leurs contreparties de l'époque. Les fruits et légumes cultivés sont moins nutritifs que leurs ancêtres sauvages et les viandes d'élevage sont notoirement pus grasses que le gibier. Mais au delà de ces détails plus ou moins importants, le principe général demeure. Si l'idéal parfait ne peut être atteint, il s'agit simplement de faire au mieux et de considérer que le gris clair est plus proche du blanc que du noir.

Il est à remarquer que cette approche se heurte frontalement à certaines recommandations officielles en matière de santé publique (en France en tous cas). C'est tout spécialement le cas en ce qui concerne les féculents (notamment les produits céréaliers) et les laitages. Faire le procès de ces recommandations officielles nécessiterait, au moins, un billet dédié. J'ai donc prévu un billet dédié.

Toujours est-il que la paléonutrion, au delà du raisonnement purement théorique sur le déterminisme génétique de la bonne façon de manger, trouve quelques pièces à conviction concrètes pour étayer sa thèse. Sans surprise, puisque nous sommes déjà un pied dans l'étude de la préhistoire, ces pièces à conviction se trouvent souvent être des fossiles humains.

En particulier, l'études comparative des ossements humains datant du paléolithique et du néolithique nous apprend certaines choses. Le néolithique se différencie du paléolithique, essentiellement pour ce qui nous intéresse ici, en ce qu'il se situe après l'apparition de l'agriculture qui a placé les céréales au centre de l'alimentation humaine.

Ainsi, le mythe de l'Homme préhistorique rongé par les poux et les puces, au dents variant entre le jaune et le brun et guetté chaque jour par le scorbut est à réviser complètement. Le progrès humain n'est pas une courbe sans cesse croissante. Il serait mieux représenté par plusieurs courbes, une par aspect de la vie, dont certaines peuvent très bien décroître de temps à autres.

Entre le paléolithique et le néolithique, tout indique que la courbe de la qualité alimentaire a subit un sévère dévers. En fait, avec l'apparition de l'agriculture, l'Homme a troqué une partie de sa qualité alimentaire contre plus de sécurité alimentaire.

Il n'avait pas le recul et les moyens de s'en rendre compte à l'époque. Aujourd'hui nous le pouvons et si nous reconnaissons cette situation, ce qui n'est pas encore le cas pour le grand public, nous pouvons essayer de corriger le tir pour retrouver, tout en conservant notre sécurité alimentaire, une partie de notre qualité alimentaire perdue.

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